Mistral AI de nouveau piratée ? Un hacker revendique la « totalité » de son code source
Mise à jour le 18/08 à 7h00
Mistral AI affirme qu’après enquête, aucune preuve ne confirme les allégations d’accès non autorisé et que ses systèmes n’ont pas été compromis.
Un pirate affirme avoir compromis Mistral AI et propose désormais à la vente ce qu'il présente comme l'ensemble du code source de l'entreprise française. FrenchBreaches a examiné la liste de 339 fichiers ainsi qu'un sample contenant le code d'un prototype d'agent Web utilisant directement les modèles de Mistral.
Mistral AI, entreprise française spécialisée dans l'intelligence artificielle et concurrente européenne des grands acteurs américains du secteur, fait l'objet d'une nouvelle revendication de piratage.
Le 16 septembre 2026, un utilisateur utilisant le pseudonyme mrwho a publié sur un forum cybercriminel une annonce intitulée « Selling mistral.ai Source Code ».
Le hacker affirme vendre la « full codebase » de Mistral AI, autrement dit ce qu'il présente comme l'intégralité de sa base de code. Il affirme également que l'entreprise aurait été compromise une nouvelle fois après un précédent incident survenu en mai.
Cette nouvelle compromission n'est toutefois pas confirmée indépendamment à ce stade.

339 fichiers et de nombreux projets internes revendiqués
FrenchBreaches a pu examiner l'arborescence communiquée par le pirate. Celle-ci recense 339 fichiers, principalement des archives correspondant à différents projets et dépôts de développement.
Plusieurs noms suggèrent du code non destiné à être public : mistral-inference-private, mistral-inference-internal, mistral-finetune-internal, mistral-common-internal, vllm-internal ou encore client-python-private.
La liste contient également des projets faisant référence à l'infrastructure et aux outils de Mistral, notamment sre-infra, sre-kubernetes-tools, network, model-delivery, registry, platform-docs et différents projets liés à l'entraînement ou à l'inférence des modèles.
D'autres archives portent des noms faisant référence à des entreprises ou à des secteurs précis, mais leur seul nom ne permet pas d'établir qu'elles contiennent des données appartenant à ces organisations.

Un sample dévoile un prototype d'agent Web de Mistral
Le hacker a également publié plusieurs samples pour étayer sa revendication. FrenchBreaches a pu examiner le contenu de l'un d'entre eux, nommé webstral.
Le projet ressemble à un prototype d'assistant IA intégré directement au navigateur Chrome. Son fonctionnement permet à un utilisateur de demander à l'intelligence artificielle d'effectuer des actions sur le Web.
Le code définit notamment des fonctions permettant de naviguer vers une adresse, lire le contenu d'une page et interagir avec ses éléments. L'agent peut ainsi analyser une page, cliquer sur certains boutons ou encore remplir des champs et formulaires.
Le sample utilise directement l'API de Mistral et fait référence au modèle devstral-medium-2507.
La clé API nécessaire au fonctionnement de l'extension est renseignée par l'utilisateur puis conservée localement dans son navigateur. Aucune clé API Mistral active et directement intégrée au code n'a été identifiée dans les éléments examinés par FrenchBreaches.
Un aperçu potentiel de projets encore expérimentaux
Le sample webstral est particulièrement intéressant car il ne ressemble pas à une simple bibliothèque publique.
Le code contient une logique complète d'agent capable d'utiliser un navigateur : analyse de la page actuellement affichée, génération automatique d'actions suggérées, gestion de l'historique des conversations et interaction avec les éléments présents sur les sites visités.
Il peut par exemple proposer de rechercher des informations, comparer plusieurs services ou compléter automatiquement un formulaire à partir du contexte fourni par l'utilisateur.
Ces éléments suggèrent que l'archive revendiquée pourrait contenir des prototypes, expérimentations ou outils de développement liés aux travaux de Mistral AI.
Ils ne permettent cependant pas d'affirmer que webstral devait devenir un produit commercial de l'entreprise.
Des projets liés à l'IA, à l'infrastructure et aux entreprises
L'arborescence revendiquée couvre un périmètre particulièrement large.
On retrouve des projets liés aux modèles et à leur fonctionnement, comme mistral-inference-private, mistral-finetune-internal, mistral-code, mistral-data-format, model-delivery, Megatron-LM, vllm-internal ou encore transformers.
D'autres semblent concerner les outils internes et l'infrastructure : sre-infra, sre-kubernetes-tools, research-sysadmin, gpu-dashboard, network et tailscale-gitops.
Plusieurs noms font également référence à des usages professionnels ou sectoriels, avec notamment des projets contenant les termes finance, KYC, juridique, facturation, cybersécurité ou service client.
Cette diversité pourrait rendre la fuite particulièrement sensible si l'authenticité et le caractère privé de ces dépôts sont confirmés.
Une précédente compromission avait déjà touché Mistral AI
Cette revendication intervient quelques mois après une précédente compromission ayant déjà concerné l'environnement de développement de Mistral AI.
Le nouveau vendeur fait lui-même référence à cet épisode et affirme que l'entreprise aurait été compromise « en mai et maintenant à nouveau ».
Il faut toutefois distinguer les deux événements : les samples aujourd'hui publiés par mrwho permettent d'examiner du code présenté comme provenant de Mistral, mais ne démontrent pas à eux seuls qu'un nouvel accès aux systèmes de l'entreprise a réellement eu lieu en septembre.
Une partie du code pourrait théoriquement provenir d'une compromission antérieure et être remise en circulation.
La découverte de fichiers, commits ou modifications postérieurs au précédent incident constituerait un élément important pour établir qu'il s'agit effectivement d'un nouveau vol.
Pas de preuve d'une fuite massive de données clients
À ce stade, les éléments examinés par FrenchBreaches concernent avant tout du code source et des projets de développement.
Aucune importante base contenant les données personnelles des utilisateurs de Mistral AI n'a été identifiée dans les samples analysés.
De même, la présence de noms d'entreprises dans certains projets ne suffit pas à conclure que les données de ces sociétés ont été compromises.
Le principal risque potentiel concerne donc pour l'instant la propriété intellectuelle et les informations techniques : architecture de certains outils, prototypes, logique interne et éventuelles configurations présentes dans les dépôts.
Ce que l'on sait à ce stade
Le pirate mrwho affirme disposer de la « totalité » du code source de Mistral AI et le propose à la vente. L'arborescence communiquée comporte 339 fichiers et de nombreux projets dont les noms indiquent explicitement un caractère private ou internal.
Le sample webstral examiné par FrenchBreaches contient quant à lui le code fonctionnel d'un prototype d'agent Web utilisant l'API et un modèle Mistral pour contrôler certaines actions dans un navigateur.
Ces éléments donnent de la substance à la revendication concernant la possession de code lié à Mistral AI.
Ils ne permettent toutefois pas encore de confirmer l'affirmation selon laquelle l'entreprise aurait subi une nouvelle intrusion en septembre 2026, ni que les 339 fichiers ont tous été dérobés lors d'un nouvel accès.